mardi 30 août 2011

tindouf / mort en detention sous la torture du polisario et des algeriens

Actualité Maroc : D'anciens détenus des camps de Tindouf racontent leur calvaire!
Cinq anciens détenus dans les camps de Tindouf, libérés le 18 août dernier parmi le groupe des 404 qui a regagné le Royaume, ont raconté le calvaire qu'ils ont enduré durant leur emprisonnement.

Rencontrés dimanche à Rabat, ces anciens détenus, qui se sont confiés à la MAP au nom de leurs compagnons d'amertume, ont été unanimes à appeler à la réparation des préjudices qu'ils ont subis dans les camps de Tindouf et à la poursuite en justice des responsables et auteurs de ce drame humanitaire.

"Je suis mort. Ils m'ont tué", c'est en ces termes que le caporal chef Hmimou Lhoussein détenu le 8 novembre 1989 à Amgala, a entamé le témoignage sur le calvaire qu'il a enduré dans les camps de la honte.

Cet homme de 55 ans, dont les traits du visage cachent mal la profondeur d'une blessure morale indicible, a retracé par des faits et dates précis, les étapes les plus marquantes de sa période de détention.

"Il faut que l'opinion publique internationale prenne conscience que ce qui se passe à Tindouf."

Il a apporté, à l'instar de ses compagnons d'amertume, des témoignages accablants sur les conditions dans lesquelles ils étaient emprisonnés, ainsi que sur le traitement qui leur était infligé.

Avant son arrivée à la prison de Rabouni - qui se trouve, selon lui, à quelque 25 km au sud-est de Tindouf - où il a été retenu pendant 17 jours, les plus longs de sa vie dira-t-il, Hmimou, acheminé d'abord vers un poste de la gendarmerie algérienne, a été interrogé par 12 militaires, sur des sujets divers notamment sur l'armée marocaine, le genre d'armes utilisées, les positions militaires, mais également sur ses conditions de vie, son statut socio-économique etc.

"En ce qui me concerne, ils m'ont ligoté et accroché par mes pieds, la tête pendante dans le vide et m'ont fracassé. Ils m'obligeaient également à ingurgiter mon urine", balbutie-t-il avec une voix tremblotante entrecoupée de sanglots, ajoutant que ce calvaire s'est poursuivi 15 jours durant lorsque, selon lui, les Algériens l'ont remis au polisario.

C'est en entamant en 1990 une tentative avortée d'évasion avec 4 de ses compagnons, en arrosant une partie du mur de brique de sa geôle de fortune pour qu'il s'effrite, que le caporal chef Hmimou se rendra vraiment compte de l'ampleur et de la portée de l'aide algérienne au polisario.

Des éléments du polisario nous disaient "nos frères (ndlr : les forces algériennes) vous ont retrouvé à des kilomètres de la prison. Nous allons vous faire perdre l'envie de récidiver".

Le caporal chef se rappelle, les larmes aux yeux, le malheureux destin de Talha Mohamed, élément du 4-ème bataillon des parachutistes à Amgala, torturé jusqu'à la mort puis jeté dans une décharge.

48 soldats sont morts sous la torture et des dizaines d'autres ont été portés disparus, souligne-t-il, notant que pour survivre, un grand nombre de détenus mangeait la nourriture de chameaux.

Hmimou citera également le cas d'Omar Faridi, infirmier de l'armée marocaine, qui a été obligé de porter une pierre de sel sur les épaules et devait parcourir, dans la nudité la plus absolue, des kilomètres sous un soleil torride pendant que le sel fondait sur son corps. Il est mort après qu'il ait été placé dans une boîte en tôle ondulée.

Après l'amertume de sa détention et les blessures physiques et morales dont il gardera forcément des traces, le caporal chef a évoqué ses retrouvailles avec sa famille. Esquissant un sourire timide et lançant des regards de connivence à ses compagnons, Hmimou a avoué ne pas avoir reconnu ses enfants Mohamed (25 ans), Hlima (23 ans et maman d'un garçon) et Badr (19 ans), qui l'ont accueilli à son arrivée à Agadir.

"D'énormes changements ont eu lieu dans ma famille. Mes parents sont morts, mes oncles, mes tantes et la majorité de mes proches aussi", raconte-t-il dans un dialecte légèrement influencé par l'accent Hassani.


Paru sur L'intelligent.com le 12-09-2005
Avec la MAP

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