Editorial (Jeudi 11 Novembre 2010)
Où est passé le jet-ski ?
Par : Mounir Boudjema
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Après le meurtre du jeune Najem El-Garhi, les évènements d’Al-Ayoune ne peuvent laisser insensible la communauté humaine. Trop d’impunité dans un royaume considéré comme un allié des Occidentaux.
Il y a eu Tazmamart, les répressions continuent, les liquidations de militants sahraouis, les disparitions des opposants politiques… depuis toujours, le Maroc s’acharnait à donner une image de carte postale touristique du royaume en lieu et place d’une réalité beaucoup moins charmante. Les évènements d’Al-Ayoune ont fait voler en éclats cette supercherie.
Face à la condamnation unanime de la communauté internationale, y compris les médias français, qui ont oublié pour un moment leurs riads à Marrakech, le Maroc se retrouve face à lui-même. Al-Ayoune n’en pouvait plus de subir une chape de plomb depuis des décennies avec la complicité active des médias occidentaux qui ne s’aventuraient dans les confins du Sahara occidental que pour prendre des photos du Paris-Dakar.
Rabat, qui consacre des sommes folles pour soigner l’image d’un monarque affaibli, coupé de son peuple et prêt à tout pour faire diversion, vient de subir un retour de bâton salutaire. La Gendarmerie royale, qui ferait pâlir de cruauté les escadrons de la mort, a montré toute l’étendue de la panoplie de la répression version Makhzen. Les Sahraouis, toujours considérés comme des “sous-hommes”, ont été broyés par l’assaut démoniaque des soldats de Sa Majesté. On savait le roi fragilisé par la montée de la Salafia, la société marocaine gangrenée par les passe-droits et la corruption de l’administration. On savait que la misère a atteint des seuils intolérables, et même le tourisme, élément-clé de la stratégie de communication royale, était confronté aux montées des intolérances au point où la peur a gagné le touriste occidental. On savait que le Maroc utilise la drogue comme arme de déstabilisation de ses voisins et qu’une partie de l’argent sale généré finançait le terrorisme. Mais rien de tout cela n’est comparable à la boucherie de Gdeim-Izik.
Après le meurtre du jeune Najem El-Garhi, les évènements d’Al-Ayoune ne peuvent laisser insensible la communauté humaine. Trop d’impunité dans un royaume considéré comme un allié des Occidentaux. Trop de silence face aux agressions répétées contre un peuple qui ne demande que ses droits légitimes. Trop de complaisance à l’égard de l’appareil de répression le plus sauvage de la Méditerranée, si l’on excepte Israël. Le Maroc n’a pas réussi à contenir son instinct le plus primaire et ses pulsions de terreur. L’Occident le sait maintenant
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